Dis Maman, c'est quand que je serais grand...

Il était une fois…

Un petit pinson tout guilleret…

Il vivait tout en haut d’une très haute branche
D’un d’arbre de la forêt de « Millepins ».
Le petit pinson avait le cœur léger.
Son petit nid douillet,
Même s’il n’était pas grand
Lui suffisait amplement.
Son chant mélodieux et charmant
Égayait les habitants de cette contrée boisée.
Petit Pinson était radieux et chantait tout le jour.
Et plus il chantait, plus il était gai.
Et plus il était gai, plus il chantait.
Et ses ritournelles joyeuses enchantaient aussi
Tous les coeurs des habitants de « Millepins »,
Ceux-ci retrouvaient aussitôt le sourire,
Dés qu’ils entendaient l’oiselet,
Entonner ses accords matinaux
Aux premières lueurs de l’aube.

Mais un jour, un fanfaron qui se disait prophète
Passant par là, au hasard d’un détour chanceux,
Entendit le chant agréable du petit oiseau.
Le faux prophète, n’y voyant que profit,
Se dit tout bonnement comme tout bonimenteur,
Qui s’entend :

« Ce chant là, vite ! Il faut que je me l’approprie !
Cela m’apportera très certainement fortune et gloire !
Je pourrai passer de foire en foire,
L’auditoire sortira sa bourse
Et à n’en pas mentir,
C’est mon escarcelle
Qui sera bientôt pleine…

Et c’est ainsi que le faux prophète s’approcha,
Et au petit oiseau candide, déclama cette mélodie :
- « Petit pinson aux chants si mélodieux, si tu le veux,
Je ferais de toi le plus bel oiseau qui soit.
Si tu veux être rossignol, rossignol tu seras ! »

- « Moi, je ne veux rien ! dit le petit pinson,
Ma vie est remplie de petits bouts…
De petits riens…
De petits bouts de petits riens du tout !
Être pinson me suffit !
Pourquoi devenir Rossignol ?
Mon nid sera alors trop étroit.
Et ce bel endroit me convient précisément.
Pour être heureux, il me suffit de chanter.
Et d’apporter la Joie aux « Millepintois ».

- « Mais, reprit le faux Prophète
Je connais un bel oiseau au chant si pur,
Qu’il est béni des Dieux.
Si tu veux être rossignol, rossignol tu seras ! »

- « Que m’importe que mes chants soient bénis des Dieux,
Moi, je veux seulement chanter pour les « justes ! »

Le faux prophète renchérit alors :

- « Je connais un bel oiseau au plumage
Si éclatant, qu’il en ferait jaunir
Toutes les feuilles des arbres de la forêt.
.Es-tu sûr de ne pas vouloir lui ressembler ?
Si tu veux être rossignol, rossignol, tu seras ! »

- « Mais, reprit le petit pinson interloqué
Les arbres de la forêt sont trop précieux !
Pourquoi les ferais-je jaunir, rien que par mon éclat ?
Les ramures sont vertes en cette saison !
Si elles devenaient jaunes, c’est que l’automne serait là.
Je n’ai pas envie de les éblouir au point de les faire jaunir.
Ce serait leur faire vivre un perpétuel automne.
Ils en deviendraient vite des arbres morts ! »
Le faux prophète insista encor’ :
- « Mais ! regarde ! je t’offrirai ces graines de caroube.
Sent comme elles embaument ! Elles sont dignes de toi.
Prend les, elles sont pour toi !
Puisque du roi des oiseaux, tu puis avoir le chant et l’ornement.
Il te suffira de me donner, en échange, une de tes plumes,
Ce n’est pas grand-chose en comparaison !
Si tu veux être rossignol, rossignol tu seras ! »

- « puisque je te dis, que je ne veux rien, moi !
Et puis, zut ! Tu m’agaces à la fin.
Cesse ta rengaine ! Rossignol, je ne veux être.
Pinson, je resterai, puisque c’est ce que je suis
Et que je veux être moi !

Et puis, pas grand-chose, en comparaison !…
C’est toi qui le dis, moi je veux garder ma plume…
Et je n’ai que faire de tes oraisons !
De Prophète, tu n’en as que l’accoutrement
Et, il te manque surtout la grâce pour parfaire l’illusion.

Allez va, passe ton chemin ! De ton offrande, je ne veux !
Crois tu que je n’ai pas remarqué ton jeu !
Ta mélodie est tintée de fausses notes,
Il est vrai que tu n’es point Chanteur,
Mais de la menterie, tu en maîtrises pourtant l’Art
En bon Maître !

Ces graines de caroube
Ne sont certainement pas faites
Pour un si petit oiseau que moi.
Elles seraient bien difficiles à gober !
Et me seraient très certainement
Restées coincées en travers du gosier !

Si je suis petit, je n’en ai pas moins l’oreille experte
Et si mes attributs ont pu te paraître rudimentaires,
Du rossignol, je n’en suis pourtant pas plus sot !
Car il ait une chose apprise ici bas,

C’est qu’il est de bon aloi
De conter sornettes
A plus petit que soi !

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